Élections fédérales : les attentes de la Mauricie et du Centre-du-Québec
La campagne électorale fédérale est à peine déclenchée que la question de l’urne se dessine déjà. L’enjeu principal de l'élection sera l’indépendance du pays face aux États-Unis. Toutefois, des enjeux régionaux propres à la Mauricie se dégagent. Nous avons demandé à quatre intervenants d’horizons différents d’identifier des enjeux prioritaires à leur avis. Selon Frédéric Laurin, le premier enjeu économique dans la région est celui de l’innovation et de la productivité. Il affirme que le Québec et le Canada ont du retard en la matière. Il souhaite voir une stratégie industrielle mauricienne pour améliorer la productivité et l’innovation. Frédéric Laurin, professeur d'économie à l'UQTR. (Photo d'archive) Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé Le deuxième enjeu à son avis est la diversification des marchés. Frédéric Laurin identifie le logement comme un enjeu économique. L’enjeu majeur pour les municipalités, selon Caroline Clément, est l’insécurité économique causée par l’administration Trump. La mairesse de Grandes-Piles croit que le TGV sera bénéfique pour toute la région. Photo : Associated Press / Claude Paris La poursuite de la réalisation du train à grande vitesse (TGV) est également un enjeu important à son avis. Les avantages d’une desserte du TGV à Trois-Rivières débordent largement de la grande région trifluvienne. Caroline Clément croit que la population des municipalités aura aussi avantage à utiliser les services du TGV pour avoir un accès plus facile aux grands centres. Lauréanne Daneau reconnaît que la population est préoccupée des effets de l’administration Trump sur le pays. Elle souhaite que le prochain gouvernement travaille dans le but d’atteindre son engagement de protéger 30 pour cent du territoire. En raison de l’insécurité au sud de la frontière, le Parti libéral et le Parti conservateur ont déjà indiqué leur intention de relancer des projets de pipeline. Lauréanne Daneau est directrice générale d'Environnement Mauricie. (Photo d'archive) Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme Lauréanne Daneau croit que le prochain gouvernement doit devenir un leader pour moderniser les infrastructures liées à l’eau, autant l’approvisionnement en eau potable que le traitement des eaux usées. Elle donne l’exemple de la ville de Trois-Rivières qui déverse des eaux usées entre 1700 et 2000 fois chaque année. La construction de nouveaux quartiers est freinée parce que les infrastructures arrivent au maximum de leur capacité. Elle souhaite que le prochain gouvernement ramène un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres, ministère qui a été évacué dans le cabinet Carney. Frédéric Laurin, professeur d’économie, Université du Québec à Trois-Rivières

Ça va nous prendre une stratégie, ce n’est pas les crédits d’impôt ni l'argent qui est le problème, c’est le manque d’expérience et d'information qu’on peut avoir à propos des marchés étrangers. Ça peut se solutionner rapidement, mais ça prend des gens sur le terrain pour aider les entreprises
, affirme le professeur.Pour notre région, c'est un problème de développement économique parce qu'on a des entreprises en pleine expansion, qui ont besoin de main-d'œuvre, on est de plus en plus attractifs ici en Mauricie. On a besoin d’accueillir les gens et on n’a pas de place pour les loger.
Caroline Clément, mairesse de Grandes-Piles, préfète de la MRC de Mékinac
Le contexte actuel a des impacts sur nos entreprises. Celui qui va entrer au pouvoir va avoir à tergiverser avec nos amis américains.
L’incertitude actuelle se fait sentir dans toutes les municipalités où des entreprises font affaire aux États-Unis. C’est le sujet de l’heure
, à son avis.
Lauréanne Daneau, directrice générale, Environnement Mauricie
Parmi toutes les crises sur lesquelles le gouvernement doit s’attarder, la crise climatique ne doit pas être évacuée des propositions du prochain gouvernement. Les changements climatiques, ça reste un enjeu majeur, qui met à risque la sécurité publique et la santé de la population
, croit-elle. Elle se désole de l’abandon de la taxe carbone.On comprend que la situation n’est pas évidente. Par contre, on ne corrige pas une erreur ou une crise en accentuant une autre crise, c'est sûr que ça ne fait pas partie des solutions.

On souhaiterait voir de la part du prochain gouvernement un appel à un grand chantier national autour de l’eau. L’eau potable et les eaux usées, de voir une concertation entre les trois paliers de gouvernement pour lancer ce grand chantier de modernisation et d'entretien d’infrastructures.
Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie
Ce qui nous préoccupe particulièrement, c’est le droit des femmes, à avoir une vie sans pauvreté et sans violence
, lance Joanne Blais.Ça nous préoccupe grandement parce que le gouvernement libéral était jusqu’à maintenant un allié pour les droits des femmes.
Ce n'est sûrement pas un parti conservateur qui va ramener un ou une ministre à la condition féminine
, déplore-t-elle. Il y a aussi les situations de violence. Les féminicides sont la pointe de l’iceberg, mais on sait que, les situations de violence, il y en a beaucoup trop, et ça prend des politiques pour soutenir les groupes qui viennent en aide à ces femmes-là.
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